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 Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)

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Yin
Elfe pyromane
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MessageSujet: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Lun 11 Fév 2013 - 19:57

Je lisais un manga, et un petit passage sans vraiment d'importance à attiré mon attention. Je me suis dit immédiatement que c'était une bonne base pour un roman. Et je me suis lancée. En fait, comme j'ai des idées de sujets pour des romans en permanence, j'ai du mal a continuer sur un sujet longtemps... Mais je vais continuer l'histoire de Landécat aussi, hein (pour ceux qui connaissent... ^^')! Bref, j'espère que ça vous plaira, ceux qui liront les lignes qui suivent. Et j'aimerais beaucoup avoir des commentaires dessus, même (surtout !) si ils sont négatifs ! Comme je compte finir par envoyer un texte à un éditeur un jour... Cool
Bref ! Place au "roman" :

1

Rassel s'est tournée vers moi. Son innocent visage de poupée resplendissait dans la lumière irréelle qui nimbait le paysage et ses longs cils délicats s'abaissaient quand elle clignait les yeux, comme un fin voile soustrayant ses magnifiques pupilles irisés de milles reflets d'or aux regards. Ses fines et longues mèches d'ébène volaient autour de sa douce figure, dotées chacune d'une vie propre, et lui faisaient une couronne éclipsant celle de la Mère même. Elle a entrouvert ses menues lèvres rosées, inspirant discrètement. Elle allait parler. Les grelots terminant les nombreux rubans écarlates de sa complexe robe tintaient, agités par le Zéphyr, et répandaient une mélodie cristalline et imprévisible. Les multiples volants de la partie basse de sa robe claquaient presque silencieusement, agitant leurs arc-en-ciels de couleurs vives.
« Je veux rester. J'aimerais rester pour toujours. Je ne veux pas partir.»
Ses yeux. Ses yeux reflétaient un calme soulagement, mais immense. Tout son corps affichait la joie pure et simple d'avoir fait ce choix. Elle souriait, et son sourire illuminait tel un halo, une bulle de lumière. Chaude et bienveillante. J'ai fui son regard, sa lumière, sa joie. J'ai fixé la Plaine Verte. Le vent formait des vagues bruissantes et brillantes dans les hautes herbes. On aurait dit une mer d'herbe. Je l'ai regardé à nouveau. Elle attendait ma réponse, les pupilles lumineuses.
« Tu n'es pas obligé de partir. » J'ai baissé le ton pour ne prononcer qu'un murmure. « Il ne le permettrait pas... »
Elle a sourit, et son sourire éclipsait l’Étoile. Que pouvais-je répondre d'autre ? Je ne voulais pas gâcher son bonheur. Je ne pouvais pas. J'en étais tout simplement incapable. Un sentiment amère s'est immiscé en moi. J'étais frustrée. Je savais qu'elle avait entendu. Elle entendait toujours tout. Et ce qu'elle n'entendait pas, elle le devinait. Elle savait de qui je parlais. Et elle savait pourquoi. J'ai détourné le regard et j'ai contemplé la Plaine. Elle m'apaisait, cette mer verte balayée par les vents. J'ai entendu Rassel inspirer. Elle allait parler.
« Merci, Nuage. »
Elle était sincère. Je n'avais pas besoin de la voir pour le savoir. Sincère et désolée. Elle ne savait pas mentir. Elle n'avait jamais su. Elle ne saurait jamais. C'était dans sa nature, comme inscrit en elle. Elle ne mentait pas. C'était comme ça. J'ai haussé les épaules. Elle a souri à nouveau. Mais c'était un sourire triste. Elle savait. Et elle était désolée. Elle ne pouvait rien faire. Alors elle me remerciait. C'était sa façon à elle de s'excuser. Une bourrasque de vent à provoquer une rapide et grande vague parmi les herbes. Les grelots ont tintés, sa robe a claqué, Ses cheveux ont volé. L'herbe a bruissé. On aurait dit une plainte triste. J'ai planté mon regard dans celui, doré, de Rassel. Elle n'a pas compris ma réaction. Son sourire s'est fané. Pour la première fois, elle ne comprenait pas.
Je me suis forcée à sourire. Je ne voulais pas qu'elle soit triste. Je voulais qu'elle... garde son sourire pour toujours... J'aurais aimé qu'aucun nuage n'assombrisse jamais l’Étoile de son regard. Elle n'était pas faite... pour être malheureuse. Elle n'y survivrait pas, cette fragile poupée de porcelaine. J'imaginais... son sourire brisé en des milliers d'éclats de faïence délicate. Cassée pour toujours. Cela ne pouvait pas arriver. Cela ne devait pas arriver. Elle était si pure, cette poupée de verre fin, son sourire dessiné sur ses lèvres fines. Un tel chef d’œuvre ne devait pas se briser. Une fraction de seconde, mon regard s'est accroché aux triangles pourpres peints sous ses yeux. La marque de son nom. La marque des Étoilés. Une marque qui resterait tout sa vie pour témoigner de sa noblesse et de sa famille, de sa caste. Elle ne partirait pas. Il ne laisserait pas cela arriver. Elle ne survivrait pas au voyage. J'imaginais... son corps brisé en des millions de fragments minuscules, transparents. Cela ne devait pas arriver. C'est pour cela qu'elle restait. Elle ne devait pas partir. Elle resterait ici pour toujours, dans sa bulle de sécurité douillette où rien ne pouvait lui arriver. Elle ne cassera pas. Je ne laisserais pas cela arriver. Jamais. Je l'ai promis à la Plaine, ce jour là. Comme en réponse à ma promesse, une rafale a soufflé, ébouriffant l'abondante chevelure de Rassel et faisant sonner les grelots. J'ai fermé les yeux, et le vent a caressé mon visage. Rassel souriait.
J'ai enfermé ma frustration au fond de moi. Elle devait être heureuse. Elle devait rester pure et innocente toute sa vie, blottie à l'abri dans sa bulle de confort et de sécurité. C'était sa place. Et elle le savait.



Voilà, voilà... C'est le premier chapitre... Dites-moi ce que vous en pensez, s'il-vous plait ! Victoire !
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Jeu 14 Fév 2013 - 20:41

La suite ! Et non, je ne l'ai pas écrit entre la publication du 1 et celle là, j'ai de l'avance. Smile

2

Mon cheval est parti au galop. Je n'avais rien dit, rien fait. J'avais juste pensé. C'était suffisant. Foenn lisait en moi. Comme je lisais en lui.
Les crins d'ébène luisants valsaient en un ballet désordonné le long de la nuque de Foenn, au rythme de sa course. Je le sentais heureux. Il filait comme le vent dans la Plaine, sans but précis. C'était ce dont j'avais envie. La vitesse, la joie de partager cette course avec Foenn, la liberté, le vent qui animait ma chevelure hirsute. Contrairement à Rassel, je ne prenais pas soin de mes cheveux -Comment le pourrais-je ? Elle me le reprochais souvent. Elle disait que je devais être fière, que mes cheveux étaient un trésor que je me devais d'entretenir. « Pourquoi se coiffer puisque le vent emmêle ?
-Pourquoi ? Mais... pour la beauté ! Tu es une fille, non ? » (elle oubliait souvent que j'étais devenue une femme depuis peu. Cela m'amusait.)
Je ne comprenais pas, et cela l'énervait. A quoi bon vouloir être belle ? Elle l'était déjà, cheveux coiffés ou pas. Et je ne possédais pas ce rideau ténébreux et luisant comme les ailes du corbeau qu'elle soignait si bien.
J'avais les cheveux rouges.
La chevelure du démon.
Selon les légendes, les enfants naissant avec une telle crinière apportaient le malheur et la guerre.
Ils étaient les enfants du démon. Les enfants de la destruction.
Rassel... ne croyait pas en ces légendes. Elle n'y croyait plus. Elle connaissait toutes les légendes par cœur. Mais elle n'y croyait plus.
Moi, j'y croyais. Parce que si je reniais ça, je n'avais plus rien. Plus rien à part Rassel et Foenn. Les légendes étaient mes rêves, mes contes. C'était mes seuls souvenirs de l'enfance. Les légendes... racontaient des histoires incroyables de héros et de monstres vaincus, de guerres et de victoires invraisemblables. Elles me faisaient rêver.
Lorsque j'écoutais un ménestrel... plus rien n'avait d'importance. Il y avait seulement la voix. La voix et les récits qu'elle faisait vivre. Quand la voix se taisait et que le premier applaudissement rompait le silence fasciné, j'avais l'impression de sortir d'un long songe. Puis les badauds se dispersaient, je reprenais pleinement conscience et je partais à mon tour. Je n'applaudissait jamais. Je savourais l'instant en silence, entourée d'exclamations enthousiastes. Je reprenais ma route apaisée.
Mais si j'aimais les légendes... je méprisais les superstitions. Elle conduisent trop facilement les Hommes aux pires bassesses. Et elles détruisent trop facilement des vies. Comme elles détruisaient la mienne.
On me fuyait, on me montrait du doigt. On me détestait au premier coup d’œil.
Parce que j'avais les cheveux rouges. Rouges comme le sang. Rouges... comme mes yeux.
Plus encore que mes mèches écarlates, c'était mes yeux qui créaient ce mouvement de recul instinctif. Après le mépris vent la peur. Et après la peur vient la haine. Cette même haine qui éloignait les gens de moi aussi efficacement... que si j'avais la Purulence -ce fléau qui décime la moitié de la population chaque année. Un mal que les meilleurs Soignants et Élémentaires Royaux s'efforcent de juguler. En vain.
Il n'existe aucun remède à la Purulence... si ce n'est la mort. Les morts ne souffrent plus.


Pas très joyeux, ce chapitre... Bah... Je fais pas un recueil de conte pour les bébés poneys arc-en-ciels, après tout ! Wink
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Mar 12 Mar 2013 - 22:06

Bon, je sais, j'ai mis le temps...Ah, et j'aimerais vraiment avoir l'avis des membres qui lisent ça... S'il y en a, bien sûr. Wink


3


J'apercevais la ville... Et sa Porte. La Porte Claire. Obéissant à ma pensée, Foenn s'arrêta. Arc de cercle grandiose, la Porte Claire culmine à trente mètres de haut. La Porte entière est un gigantesque miroir, taillé à même le bloc de miroir qui se trouvait là. De complexes et splendides fresques gravées parcourent l'arche entière, racontant quelques légendes les plus merveilleuses. La titanesque clef de voûte en diamant est si finement sculpté que l'histoire semble prendre vie lorsqu'on la contemple, de loin comme de près. Les multiples faces de l'arc renvoient images et reflets, éclats et lumières, visibles à deux kilomètres à la ronde.
La première fois que j'ai vu la Porte elle m'a paru si... fragile, si fine, que j'ai craint que mon toucher ne la brise en une infinité de fragments miroitants qui tomberaient en une pluie de lumière. La Porte s'élevait, véritable arche sculpté en l'hommage de la ville Lumirane, la ville des Lumières. Et de son fondateur.
Foenn s'avançait tranquillement vers la masse d'itinérants, de caravanes, d'habitants, de commerçants, de voyageurs, de saltimbanques... Autant de gens pour une seule destination. Et tout autant de buts et de vies, d'espoirs... et de cicatrices. Tous avançant dans la même direction, comme un... troupeau, sans volonté propre. La file marchait vite du fait du grand espace entre les deux piliers de la Porte. Nous nous sommes mêlés au flot, calquant notre allure sur celle de la masse.
Je sentais la présence des gens... leurs odeurs... J'entendais leurs voix... leurs bruits... Je n'aimais pas les gens. Ou plutôt... je n'aimais pas être en leur présence. Je n'aimais pas être à leurs côtés, partager leur air, entendre leurs voix, sentir les relents de leur sueur, de leur peur, de leurs envies... J’exécrais leur comportement égoïste, leur vantardise, leur lourdeur. Lorsque j'étais en leur présence, je n'étais pas... à l'aise. J'étais toujours moi, mais... je ne pouvais plus agir normalement. Je n'agissais plus vraiment. Je m'isolais dans un mutisme et je passais mon chemin au plus vite. Je... n'aimais pas les gens. Je détestais avoir à leur parler, à aller vers eux.
Il y avait trop de monde, trop de bruits, trop d'odeurs, trop de mouvements, trop de sentiments. J'étouffais. La foule me poussait vers la cité, les rues, les bâtiments, les ruelles sombres et les établissements douteux. Je n'aimais pas les gens. Je n'aimais pas non plus la ville. Je n'aimais pas les... contacts... humains. J'étouffais. La masse dense qui m'entraînait vers la Porte Claire me serrait, m'oppressait. Je sentais ma poitrine... se soulever plus difficilement, plus fréquemment. Je manquais d'air. Foenn s'agitait. Il a renâclé et j'ai lâché les rennes. Je ne pouvais le guider ici. L'animosité des gens autour de moi s'intensifia et je remarquai de nombreux regards mauvais dans ma direction. Mon cheval prenait plus de place que s'y j'étais à terre. Je me sentais de plus en plus... oppressée. J'étouffais. Je n'avais qu'une envie : fuir, quitter ce rassemblement compact, galoper les cheveux au vent. Seule. Ma cape sur mes épaules et l'ombre de ma capuche dissimulait ma tignasse. Je sentais néanmoins la suspicion des personnes autour de moi. On ne se cachait pas sans raison. Mais si je n'avais pas dissimulé mes cheveux, ils m'auraient sans doute... lapidée. J'étouffais. Ma tête, devenue cloche, résonnait au moindre bruit. J'avais besoin d'air.
La Porte Claire. Enfin. Après le contrôle, il y avait beaucoup pus d'espace et je pourrais quitter la cohue. « Déclinez votre identité et le but de votre venue. » Le soldat me regardait avec soupçons. Un inconnu qui cache son visage n'est jamais accueilli à bras ouverts. Il était sale et semblait... fatigué, d'après sa posture. Ce n'était pas étonnant vu le nombre de personnes qu'il devait contrôler en ne serait-ce qu'une heure. « Nuage Elenril'majuinn. Raisons personnelles. » Le garde blêmit un instant. Ses pupilles se... dilatèrent, puis reprirent brusquement leur ancienne dimension. « Z'avez une preuve ? » Je me doutais de cette réponse. Un des ces sourcils s'était relevé. Il doutait. J'ai soupiré doucement et j'ai détourné mon regard. La queue derrière moi me criait de me dépêcher. Les protestations augmentaient. L'arche brillait, reflétant les éclats du soleil et les couleurs bigarrées de la foule. La lance du garde renvoyait quelques éclats malgré sa crasse.
Lentement, j'ai porté ma main à la garde de mon épée, passant sous ma cape. Le soldat a tressailli et a resserré sa prise sur la hampe de sa hallebarde. Il était nerveux et me détaillait. J'ai encore ralenti mes mouvements. L'homme s'est un peu... décrispé. Je sentais son odeur, sueur mêlée d'alcool et de peur. Mes doigts ont dégainé mon épée. J'ai ressenti un léger frisson en entendant le chuintement familier. J'ai montré la lame au soldat. Les reflets l'ont aveuglé. Il a observé avec attention. Plus il observait, plus il... pâlissait. Ses yeux devinrent vitreux, des gouttes de sueur coulèrent sur son front, descendant le long de ses joues. L'odeur s'accentua avec son angoisse croissante. Il contemplait la lame d'argent terriblement affûtée et la garde pourpre si finement sculptée pour former un dragon près à l'envol. Il déchiffra les deux mots gravés dans l'Ancienne Écriture sur le plat de l'épée. Nuage Dragon. Les lettres semblaient si fines et ciselées qu'elles semblaient tranchantes autant que le fil de la lame. Il s'est écarté comme si la Purulence s'était reflétée sur l'argent. Il était terrifié et... dégoûté. Il me dévisagea et cilla nettement en captant la couleur pourpre de mon regard impassible. Il a déglutit... bruyamment puis m'a signifié d'une main tremblante que je pouvais passer. J'ai levé une dernière fois les yeux sur la Porte, puis Foenn s'est avancé dans la ville grouillante d'activités, de sons, d'odeurs et d'hommes et de femmes crasseux. Foenn a poursuivit d'un pas paisible mais néanmoins rapide. Lui non plus n'aimait pas la ville.
Je n'accordais pas d'attention particulière au quartier pauvre que je traversais sans m'arrêter. Les gens déambulaient, m'évitant autant que possible dans l'effervescence de la journée. Les pauvres échoppes exposait quelques mets dégageant une senteur nauséeuse et les femmes maigres et souffrantes tendaient de pitoyables pièces racornies aux marchands qui arboraient tous un visage déprimé. Lorsqu'ils m'apercevaient, ils affichaient un mépris et une jalousie sans borne. Les étrangers qui chevauchaient vers les Étoilés attiraient l'animosité du Peuple Terreux. Et mes vêtements, bien que modestes et conçus pour être pratiques et agréables à porter, traduisaient une certaine aisance...
Foenn renâcla. Il était nerveux. Sa crinière d'un noir d'encre s'agitait au rythme de plus en plus rapide de ses pas. Quelques gouttes de sueurs perlaient sur sa robe sombre, témoins de son agitation. Les mouvements brusques des passants, les multiples bruits et odeurs et les pavés parfois démis de la rue encourageaient son anxiété. Je passai ma main contre son cou pour l'apaiser. Il piaffa légèrement, reconnaissant. La nervosité de Foenn indisposait les habitants. Ils étaient irrités par ses réactions brusques. Je sentais leur colère. Leur agressivité... m'entourait, m'enfermait. Je sentis mon torse se soulever légèrement plus vite. Je manquais d'air. Foenn piaffa. Je me reprit. Je ne pouvais permettre à mes émotions de prendre le dessus. Surtout ici. Je m'empêchais de penser à ce qui m'attendais chez les Étoilés. Je devais garder la tête froide.



Voilà, cette fois-ci, le chapitre ne se termine pas là-dessus, il continue plus loin, mais c'est pour éviter de mettre des pavés trop conséquents. J'espère que ça plait, et sinon, ben autant le dire, j'arrêterai. ^^
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Mer 13 Mar 2013 - 20:33

Purée, ça fait un moment que je ne suis pas venue par ici ! j'en suis désolée.

Je vais être sincère.. je n'ai pas absolument tout lu, mais les deux premiers chapitres que tu as postés, oui. Vieux

Je trouve qu'au premier Chapitre, quand tu décris et parles de cette fameuse "Rassel", on croit rêver... bien que moi j'ai beaucoup de mal à imaginer les descriptions sans images.. j'ai très bien apprécier les mots que tu as utilisé pour la décrire, comme par exemple :

" et son sourire éclipsait l’Étoile."
"J'aurais aimé qu'aucun nuage n'assombrisse jamais l’Étoile de son regard."

(bon en clair quand on me parle d'étoiles, je fantasme vite XD )

j'aime bien ce moment aussi ----> "Son innocent visage de poupée resplendissait dans la lumière irréelle qui nimbait le paysage et ses longs cils délicats s'abaissaient quand elle clignait les yeux, comme un fin voile soustrayant ses magnifiques pupilles irisés de milles reflets d'or aux regards."


En bref, je trouve que tu te débrouilles très bien en description, mais moi, sans vouloir te blesser, quand on parle de "cheveux rouges" ou de "couleur de démon", disons que ce n'est pas mon sujet préféré... mais que tu écrives un roman c'est un passe-temps très utile ! ton histoire à l'air très intéressante, je ne peux pas en juger le contenu qu'en ayant lu deux chapitres, et même, je ne connais aucun auteur de Roman qui s'est fait apprécié de tous ces lecteurs !

moi je pars du principe de te dire que, tu ne dois pas écrire pour les autres, mais surtout pour toi, pour sortir tes sentiments, où simplement ce que tu as envie d'exprimer, et avoir l'espoir de te faire publier est très positif, reste dans cet état d'esprit ! on ne sait jamais....

En tout cas je n'espère pas t'avoir blessée dans ma remarque plus haut... j'étais loin de cette idée. et à vrai dire, moi j'ai décidé il y a maintenant trois jours de peaufiner, moi aussi, un roman. et j'ai trouvé même un livre qui s'appelle "Atelier d'écriture" de Laure D'Astragal qui aide en bonne partie. Je pense que tu peux aussi le trouver d'où tu habites, si tu es intéressée.


Moi, où j'en suis dans "mon roman" , c'est ennuyeux à mourir, à côté du tiens, si si, je le pense bien ...
Bref, je suis maladroite dans mes mots, alors je tiens vraiment à m'excuser de mes mots peu cherchés, mais mon idée de t'avoir répondu était que, j'ai eu un vrai intérêt à t'encourager à poursuivre ton désir d'être publiée....


à une prochaine et bonne continuation Wink
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Yin
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Jeu 14 Mar 2013 - 11:22

Merci beaucoup pour ton message, Angel ! Very Happy Tu peux pas savoir comme ça me motive !!

Pour la description de Rassel, je me suis vraiment fait plaisir. J'ai chercher des termes qui conviendrait vraiment, et je suis plutôt fière du résultat ! sunny Et pour l’Étoile, que j'utilise dans les comparaison, elle est vraiment spéciale, tu verras.

Concernant les cheveux rouges, en fait, j'ai repris une superstition du moyen-âge qui disait que les roux étaient les fils du diable, et patati et patata. Évidemment, je n'en pense rien ! Et d'ailleurs, Nuage a vraiment les cheveux rouges et pas roux. Mais je compte approfondir les "enfants du démons"... Je n'en dis pas plus, mais c'est un détail important ! Wink
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Jeu 14 Mar 2013 - 12:41

Mon dieu que vous écrivez trop!! Ma parole, vous vous fatiguez pas????
lol! Vieux mdr !
Bref s'est super ton truc!
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Sam 4 Mai 2013 - 11:36

Ça fait un longtemps que j'ai pas posté ici (ni n'importe où sur le forum, d'ailleurs... --')... Bref, voilà la suite, j'ai beaucoup avancé pendant les vacances !
Merci Leogone ! Et, oui, des fois, j'ai la grosse flemme ou pas d'inspiration... Mais je me lasserais jamais d'écrire. Wink



3 (suite)


La rue s'élargissait peu à peu et les habitations étaient moins sales. J'approchais des Étoilés. Les gens étaient moins faméliques, moins tremblants. Mais tout aussi pauvres. La puanteur était moins présente dans cette partie du quartier du Peuple Terreux. Les flaques de boues étaient moins fréquentes et les pavés presque emboîtés. La situation s'améliorait - à peine - plus on approchait des Étoilés.
J'approchais de la Frontière. La barrière ultime entre la Terre et le Ciel, les Étoilés et les Terreux. Les Terreux survivaient dans la misère et la crasse, les Étoilés s'épanouissaient dans la lumière et le luxe. Il n'y avait pas d'entre-deux. Presque pas d'entre-deux. La palissade était nette et infranchissable, et personne ne vivait en équilibre sur le muret. Presque personne. Le vent soufflait dans les crins de Foenn, les emmêlant autour de mes doigts. Quelques mèches pourpres fouettaient mon visage malgré la capuche. J'ai baissé la tête pour me concentrer sur les poils de jais qui s'enroulaient dans mes paumes. J'entendis un changement dans le pas de Foenn. Un changement de sonorité. Il marchait sur du cristal. J'ai relevé la tête, affrontant la vision qui s'offrait à moi.
Le sol de cristal lisse resplendissait sous les assauts de la lumière. Pas une seule trace ne venait troubler le miroir de la Cité des Étoiles. Les palais lançaient leurs tours de verre à travers le ciel, forêt de soleils brillants de milles feux. Les baies vitrées s'ouvraient sur la rue, le sol et la voûte céleste, illuminant de multiples reflets la Ville Stellaire. Les arcades et passerelles étincelantes créaient un entrelacs aérien en accord parfait avec les larges avenues bordées de demeures extravagantes, miracles architecturaux uniques aux mondes. L'ensemble paraissait fragile, éthéré. Céleste. Les pas de Foenn claquaient harmonieusement dans la rue d'un bleu transparent presque uniforme mais possédant néanmoins une large palette de dégradés. Le moindre bruit ricochait entre les murs en une mélodie argentine, s'accordant avec douceur, se mêlant aux nombreux chants et musiques qui occupaient le temps des Étoilés. Les quelques passants marchaient légèrement, sifflotant ou chantonnant quelques chansons. Les marques triangulaires soulignant leurs yeux rajoutaient à leur beauté angélique déjà mise en valeur par les vêtements ouvragés qu'ils portaient. Leurs yeux opalescents encadrés par d'épais rideaux de cils éclairaient leurs visages parfaits comme des pierres précieuses au teintes colorées éclairent leur écrin.
Je n'étais pas... à ma place, dans cette univers parfait où chaque détail est travaillé jusqu'à sa limite. La robe d'ébène de Foenn, son harnachement sommaire, mes habits de toile et ma cape couleur terre, mes bottes de cuir, mes armes et ma tignasse juraient dans cette ville suspendue entre deux espace-temps. Le Temps n'avait pas sa place en ce lieu, et tous les gestes d'une lenteur gracieuse des Étoilés l'exprimaient. Ils sentaient le calme, la satisfaction du travail bien fait et la joie que leur procurait cette perfection. Les problèmes... n'avaient pas leur place, ici. Et j'étais, en quelque sorte, un problème. Les passants flânaient en m'ignorant ostensiblement. Ils semblaient ne pas me voir ni m'entendre. Cela m'était préférable à l'hostilité oppressante des Terreux. Je préférais être invisible aux yeux des autres. Être visible était une source d'ennuis constante.
Le son cristallin des sabots de Foenn cessa. J'ai relevé la tête pour observer ma destination. Deux tours immense partaient à l'assaut des cieux. La plus haute était circulaire et ornée de sculptures ouvragées, principalement des sirènes et des instruments de musique. Elle était coiffée d'un toit pointu. Je souris en embrassant du regard la seconde tour. Plus élancée, elle semblait s'apprêter à l'envol. Elle avait la forme d'un Dragon. Deux ailes immenses était sculptées, repliées autour du corps. Chaque écaille était taillée à la perfection, et la tête, museau vers le ciel, paraissait prête à cracher un déluge de flammes. Cette tour-ci ne partait pas de la même demeure que la première. Je savais que la queue enroulée autour des pattes arrières se trouvait derrière l'imposant palace. C'était mon lieu de vie, mais pas ma destination actuelle.
Contournant la première tour, je traversai une voûte simple qui donnait sur un jardin entretenu et ordonné avec minutie. Sautant de la selle, j'ai enlevé ma cape et l'ai posée sur un muret. Foenn s'est avancé en piaffant et j'ai enserré son encolure entre mes bras. Il a donné un petit coup de museau amical et je me suis dirigée vers la lourde porte sculpté de lyres, le laissant se reposer au calme. Il m'attendrait. J'ai poussé la porte de droite. Elle s'est ouverte en sonnant trois notes cristallines qui se répercutèrent entre les murs de la maison de verre d'un bleu limpide, presque transparent. Le hall d'entrée était couvert de miroirs. Je me suis arrêtée en apercevant mes mèches rouges décoiffées balayer la base de mon cou. Je les ai rassemblés puis attachés en une courte queue de cheval à l'aide d'une lanière de cuir. J'ai repris mon avancée. Chaque pas résonnait harmonieusement dans cet univers... translucide et... silencieux.



Bientôt, un personnage détestable mais très important va faire son apparition... Et l'intrigue générale va se faire connaître ! Wink
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Evy
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Sam 4 Mai 2013 - 19:02

Aaaaaaah ! Quelque chose qui vaux la peine d'etre lut !
Crois moi, c'est plutot rare sur internet. Un talent remarquable quand on tient compte de ton age, qui plus est.
Je vais donc etre obligé de remonter significativement mon niveau d'exigance pour pouvoir critiquer.

Orthographe, synthaxe, tournures de phrases, impec. Il y a une ou deux coquilles part ci part la, mais c'est vraiment chipoter, rien qui agresse les yeux.
Pour ce qui est de la forme, j'aime beaucoup ton style très poetique avec des phrases courtes et de longues descriptions, un vocabulaire très riche et de superbes trouvailles. Tu plonge vraiment le lecteur dans un autre univers. Peut etre en fait tu un peu "trop" par moment, risquant de perdre ton lecteur qui aimerais bien que l'histoire avance (je te dis ca, c'est vraaaaaaiment parce qu'il faut a tout prix que je trouve des defauts)

Apres, tout ce qui est du scenario, des personnages etc, j'en ai trop peu pour juger, pour l'instant. L'univers me rappelle un peu une mythologie que j'ai inventé, une fois... Je suivrais de pres, pour voir ca.

Une derniere chose, par experience, je te recommanderais de ne pas te lancer dans un "roman" dès tes premiers ecrits. Tu est encore dans une phase ou tu vas progresser, et bientot ton niveau sera tel que tu voudras passer a autre chose, delaissant tes ecrits du moment. Commence donc par des nouvelles, garde les romans lorsque tu te sentiras le niveau et la motivation pour le travail que cela represente.
Apres, tu fait comme tu veux, ce ne sont que des conseils.
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Sam 4 Mai 2013 - 19:18

@Evy a écrit:
Aaaaaaah ! Quelque chose qui vaux la peine d'etre lut !
Crois moi, c'est plutot rare sur internet. Un talent remarquable quand on tient compte de ton age, qui plus est.
Je vais donc etre obligé de remonter significativement mon niveau d'exigance pour pouvoir critiquer.

...Tu ne crois pas que tu exagères un petit peu?

Sinon, moi, je ne lis pas beaucoup ce roman là, mais j'ai lu le premier chapitre, et c'est aussi bien que ton précédent! Continue comme ça Yin! Wink

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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Sam 4 Mai 2013 - 21:40

Nori a écrit:
...Tu ne crois pas que tu exagères un petit peu?
Si tu savais...
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Mar 14 Mai 2013 - 18:53

Merci beaucoup, Evy et Nori ! :DSinon, Evy, tu as parfaitement raison. Mais quand j'ai dit que c'était un "roman"... C'est vrai que j'aimerais en écrire un (ou plusieurs) plus tard, mais je ne savais pas comment appeler ça pour le moment... A vrai dire, avant, je pensais "Ouais ! Je vais écrire un roman ! Super !", et puis, quand j'ai relu mes premières pages de mon premier essais (qui n'en était pas un pour moi au moment où je l'ai écrit) quelques mois plus tard, j'ai eu envie de tout réécrire. ^^'
Pour ce qui est des trop longues descriptions, comme je veux bien faire comprendre le fait que Nuage ne s'intéresse pas vraiment à quoi que ce soit et qu'elle est très "neutre", voir quasiment dénuée de sentiments, je fais exprès de m'étendre dans les descriptions des situations et lieux. Mais c'est vrai que je devrais les raccourcir un peu... L'intrigue ne va jamais progresser, sinon. -_-'

Bref, merci de tes conseils ! Je vais faire de mon mieux pour améliorer ça pour la suite. Victoire !

Cette fois, c'est (enfin) la fin du chapitre 3, qui a duré plus longtemps que les autres.



3 (suite et fin)


Le couloir donnait sur une large pièce en hexagone, presque vide à l'exception d'une commode coiffée d'un bouquet de roses, trempant dans un vase qui semblait de glace. Un délicat escalier en colimaçon, sculpté dans le même matériau que le bâtiment, s'élevait gracieusement vers le premier étage. Un corridor ouvert par une petite voûte en ogive partait vers les quartiers des divers domestiques officiant en ces lieux.  Montant les marches qui partaient en spirale, j'ai aperçu une silhouette en mouvement à l'étage. Une femme vêtue de brun, distinction des Terreux, rangeait des livres... éparpillés, sur le sol. Des rayonnages entiers de la bibliothèque semblaient s'être déversés à terre, et la domestique peinait à les replacer dans leur ordre d'origine. Les couvertures enluminées prouvaient leur valeur. Si une page était cornée, la femme en souffrirait. J'ai enjambé les volumes et me suis dirigée vers la porte ouverte qui séparait cette pièce du salon. Je sentais le dégoût et la peur de la Terreuse, qui s'écartait de moi le plus possible. J'étais en retard, cela n'allait pas lui plaire mais me laissait indifférente.
La porte claqua doucement derrière moi, ne me laissant pas de retraite envisageable. Le salon ne possédait qu'un seul accès, désormais fermé. Des étagères remplies de livres tapissaient deux des quatre murs. Une vitre immaculée me faisait face et un tableau, représentant un orage, s'accrochait à ma droite. Les nuages, gris ou noir, déchirés par les éclairs, tourbillonnaient au-dessus de gigantesques masses d'eau qui semblaient en suspension dans l'air, attendant l'instant propice pour retomber avec fracas dans une mer démontée. La tension et l'agitation de la toile faisaient tâche dans ce lieu calme, immobile, où, d'un imposant piano de cristal placé au centre du salon, des notes mélodieuses se coulaient dans l'atmosphère silencieux.
Au léger son que fit la porte en se fermant, la mélodie cessa. Il redressa son dos d'une lenteur rapide, et un rideau de cheveux argentés, balayant l'instant d'avant les touches du piano, fouetta gracieusement l'air lorsqu'il tourna son visage vers moi. Ses yeux noirs dressèrent un bilan rapide de mon allure général, un pli de désapprobation barra son front, s'ajoutant à ses minces et pâles lèvres pincées par mon arrivée et à ses sourcils légèrement froncés d'avoir été interrompu dans sa composition musicale. Ses épaules se raidirent en contradiction avec son visage qui affichait un sourire forcé. Il se préparait à parler longuement, et il inspira en me dévisageant plus attentivement. Il allait critiquer mon retard, ma tenue, mes activités récentes et mon manque d'harmonie, de noblesse, de beauté.
« La ponctualité est une qualité qui décidément vous fait défaut, ma fille. Et le concept même de politesse vous fuit, puisque vous osez vous présenter à moi vêtue ainsi, à peine descendue de votre destrier... A défaut de beauté et d'harmonie, vous pourriez au moins faire preuve de noblesse, ne serait-ce que dans votre attitude. Parcourir les plaines à cheval, sans emprunter les routes, nuit à ma réputation. Moins que votre apparence démoniaque et votre manque de féminité, mais  je désire que cela cesse. »
Il se détendit et fit une pause pour laisser sa voix grave et harmonieuse résonner dans la salle. Il se préparait à parler de Rassel.
« J'ai fait le nécessaire pour que la fille Selnn'Endrann n'ait pas à quitter Lumirane. Elle s'ouvrira à l’Étoile sans avoir la nécessité d'entreprendre le Voyage. Elle y est destinée. Inutile de me remercier, cela sert mes relations que tu sois proche de cette Étoilée si particulière. Elle est promise à un grand avenir... »
Je savais qu'il ne permettrait pas qu'elle s'éloigne de Lumirane. Il n'y a qu'ainsi qu'il pouvait garder le contrôle de la situation. Lorsque Rassel s'ouvrira à l'Étoile, elle disposera d'une influence inestimable, qui profitera à mon père... par ma faute. Ses pupilles d'encre se... fixèrent aux miennes, ses sourcils fins se fronçant légèrement. Une fois de plus, il avait un ordre. Un sourire satisfait se dessinait sur son visage sérieux alors que je détournai les yeux, contemplant le tableau. Cette toile me... captivait, m'isolait... m'hypnotisait. Sa voix sifflante mais parfaitement accordée et maîtrisée brisa cette... osmose que je sentais s'établir peu à peu entre le paysage peint et... mon esprit.
« Il y a de cela des millénaires, la Lune et le Soleil créèrent notre planète. Ils créèrent la Lumière et l'Obscurité. Ils créèrent toutes les choses qui survivent, habitent, ou tout simplement sont en ce monde. Une fois leur tâche terminée, ils laissèrent un message dans le calendrier des Lunes et des Soleil. »
J'avais déjà entendu cette légende sur la Création.
Puis les deux Créateurs s'unirent et de cette union naquit l’Étoile. De l’Étoile et de la Lumière naquirent les Étoilés. Ce peuple façonna la Terre, et de ces statues d'argile naquirent les Terreux pour servir leurs créateurs. La Lune et le Soleil s'endormirent, laissant à l’Étoile et à la Lumière le soin de ce monde. La Lumière désigna un Souverain qui ne pourrait pas mourir pour les deux peuples, et l’Étoile choisit une Reine qui ne pourrait périr. Le Souverain fut appelé Père, et la Reine fut nommée Mère. Tous leurs doivent obéissance et respect car ils sont l'incarnation de l'Étoile et de la Lumière.
Il ne prit pas la peine de continuer la légende de la Création. Elle était connue de tous.
« Ce message annonce l'incarnation de la Lune et du Soleil dans le corps de deux Élus lors d'une cérémonie d’éveil. Tu dois trouver et ramener ici la future incarnation de la Lune avant que la fille des Selnn'Endrann ne s'ouvre à l’Étoile. »
C'est... à ce moment là que ma Voie... a commencé... un virage imperceptible.
Il s'est retourné et j'ai franchit la porte. Il savait que je ne refuserais pas. Pourquoi le ferais-je ? J'ai toujours accepté ses ordres. Cela ne saurait être autrement.



Autant le dire : je n'aime pas le père de Nuage... C'est un vrai manipulateur (c'est d'ailleurs assez évident (j'espère)). La prochaine fois, donc, ce sera le chapitre 4 et (je pense) le départ de Nuage.


Dernière édition par Yin le Lun 17 Juin 2013 - 16:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Lun 17 Juin 2013 - 16:03

C'est parti pour le chapitre 4 ! Youhou ! Very Happy


  4

Rassel se tenait à côté de moi. Le vent jouait avec ses longs cheveux d'ébène et faisait tinter les multiples cristaux de sa robe en une scintillante mélodie. Foenn avait posé sa tête sur mon épaule et je caressais machinalement sa crinière soyeuse, entourant du bras son cou puissant. La Plaine et le ciel se fondait dans des couleurs chaudes, et leurs mers bleues et vertes se coloraient du sang qu'irradiait l'astre solaire dans la fin de sa course. 
Une vieille légende disait que le Soleil mourrait chaque fois qu'il passait la ligne d'horizon, puis renaissait à chaque nouvelle aube, auréolé d'une nouvelle lumière. L'on racontait aussi que la Lune en était la forme spirituelle, le fantôme du Soleil venu éclairer d'une aura blafarde les ténèbres qu'il laissait derrière sa mort. La version officielle déclarait que la Lune, étant elle aussi la Créatrice de ce monde, éclairait la nuit lorsque le Soleil ne le pouvait pas.

« Cet embrasement, c'est toi, Nuage. Tu es neutre ; tu n'es ni une Terreuse, ni une Étoilée. Tu es une Guerrière. »
J'écoutais son sourire dans sa voix calme. La majuscule du dernier mot qu'elle avait prononcé était... étrange. Cet accent... résonnait, trouvait un écho quelque part. J'ai fermé les yeux pour ne plus voir la mort rougeoyante du soleil, et l'écho a persisté, comme renforcé par l'absence de vision. La lumière déclinante que je ne voyais plus chauffait la peau de mes bras et de mon visage, moins efficacement que les flammes d'un feu de camp. Le vent agitait les hautes herbes, qui glissait en bruissant sur mes jambes, celles de Rassel et de Foenn. Il a soulevé sa tête de mon épaule et s'est éloigné pour manger ces herbes, d'une rare qualité, qui s'agitaient en une mer d'émeraude au reflets pourpres. Son pas feutré et ses mastications, mêlées à nos souffles et à la danse de la Plaine... formaient une ébauche de mélodie, de rythme. J'ai inspiré. « Je pars ce soir. »
Elle s'est tournée vers moi, lentement. Une légère ombre assombrissait les Étoiles de ses prunelles et un sourire imperceptiblement tremblotant était figé sur son visage. Sa voix semblait déçue, presque amère, bien qu'elle essayait de ne pas paraître affectée par ces quatre mots. « Je vois... Donc, tu ne seras pas présente pour... Je comprend. Quand... reviendras-tu ? » Un soupçon d'appréhension se devinait dans ses hésitations, sa très légère agitation et ses propos. « Avant. »
Ce mot... sembla effacer son inquiétude et un sourire radieux éclaira ses yeux, si bien que je ne voyais plus le Crépuscule flamboyant. Sa joie simple m'éblouissait et m'empêchait de distinguer le paysage. L'espace d'une seconde, ce bonheur s'était brisé ; comme une sculpture de cristal qui chute à cause d'une inattention, d'une maladresse. Une seconde suffit à briser le cristal le plus resplendissant, à disperser les fragments de la plus parfaite des sculptures.
Rassel... est plus que cela. Elle est plus parfaite, plus fine, plus délicate que n'importe qu'elle sculpture. Elle est la seule qui ressente de la joie. Elle est la seule qui puisse s'animer et manifester ses émotions, ses pensées. Elle est plus que parfaite.
C'est pour cela que je ne peux me permettre de la briser.







Ça y est, le voyage commence enfin ! Le prochain chapitre racontera la première partie de "l'aventure" de cette "nouvelle".


PS : J'ai apporté une petite modification (mais qui a son importance !) dans le post précédent :


« Ce message annonce l'incarnation de la Lune et du Soleil dans le corps de deux Élus lors d'une cérémonie d’éveil. Tu dois trouver et ramener ici la future incarnation de la Lune avant que la fille des Selnn'Endrann ne s'ouvre à l’Étoile. »
C'est... à ce moment là que ma Voie... a commencé... un virage imperceptible.
Il s'est retourné et j'ai franchit la porte. Il savait que je ne refuserais pas. Pourquoi le ferais-je ? J'ai toujours accepté ses ordres. Cela ne saurait être autrement.



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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Mer 14 Aoû 2013 - 22:54

Bon, jusqu'à présent, les chapitres faisaient plus d'une page. Là, ça va changer, mais ce sera pas systématique. Bref, c'est parti pour la suite et le début du voyage de Nuage ! cheers 


5

   Les seuls sons qui m'entouraient m'étaient familiers. Le galop tranquille de Foenn, ses pattes fouettant les hautes herbes, nos respirations superposées, le vent qui soufflait des paroles mystérieuses à mes oreilles, agitait les vagues de la Plaine et éparpillait la sueur de nos peaux. Le Nord était au devant de nous. Nous atteindrions la frontière en seulement deux jours jumeaux si nous maintenions cette allure. Le paysage monotone défilait, comme les couleurs du ciel et des nuages. Le temps courrait à nos côtés, filant plus vite que les secondes.
   Le Soleil a finit par mourir derrière l'horizon, et les étoiles ont empli le ciel, une par une. La Lune trônait dans ce noir percé de lumières, telle un phare perdu.
   Pendant cette nuit silencieuse... j'ai eu l'impression que la Lune... me parlait...


6

   Le Soleil était à son zénith, et sa chaude lumière inondait la Plaine et faisait briller la robe d'ébène de Foenn. La Plaine ondulait, balayée par le vent et son trot rapide.
   Galops désordonnés. Six cavaliers. Environ quarante six mètres de distance. Montures basiques. Équipement débraillé. Probablement des bandits. Ma vitesse était supérieure. Ils avaient des arcs. Un trait a sifflé derrière moi. Je me suis retourné et ai sectionné la flèche. Un simple pointe en bois. Foenn accélérait et galopait. La distance augmentait. Deux flèches sifflèrent. Une vers mon épaule gauche, l'autre à droite. J'ai tranché la flèche et laissé l'autre se ficher plus loin dans le sol. Un trait s'est planté dans l'herbe avant de nous atteindre. Nous étions hors de portée.
   Les six bandits abandonnèrent la poursuite peu de temps après, leurs montures ne pouvant rivaliser avec Foenn. La misère pousse nombre de Terreux à utiliser des moyens détournés pour survivre, mais comme les communications entre cités sont rares, le banditisme n'est normalement pas à craindre. D'autant plus que les commerçants nomades voyagent en caravanes, protégés par de nombreux gardes, généralement bien payés et compétents.


7

   La route s'élançait, poussiéreuse, sinuant pour adoucir la pente abrupte, à l'assaut des hauteurs du Pic d'Ëlguir. Le poste de contrôle et ses agents laissé derrière, je ne croiserais pas de Terreux – et encore moins d'Étoilés – de toute mon ascension du pic. Ayant signalé mon contretemps de la veille, des soldats devaient se préparer à une expédition punitive à travers la Plaine. J'avais fait provision d'eau et de nourriture, et l'Étoilé en faction au poste avait insisté pour me doter d'une pelisse de fourrure d'ours gris, plus chaude que la cape de coton que j'avais emporté, ainsi que d'une paire de gants en cuir doublé de doux poils de lièvre. La température n'étant pas différente de celle régnant dans la Mer Verte, je portais encore ma cape et mes mitaines de cuir en plus de ma tunique courte, de mon pantalon de toile brun et de mes bottes d'équitation cloutées, sans compter mes protections de cuir bouilli (avant-bras, torse, mollets) que je portais sous mes vêtements, exception faite de celles protégeant les avant-bras. Pendue à ma ceinture par une cordelette de cuir tressé, mon épée, Draque, reposait dans son fourreau. Malgré les apparences, ce n'était pas ma seule arme : plusieurs dagues étaient dissimulées à des endroits stratégiques, prêtes à servir.
   Le pas régulier de Foenn claquait sur le chemin qui passait lentement de poussiéreux à rocailleux. Quelques résineux résistaient au sol de pierre, poussant au cœur de telle fissure ou de tel amoncellement de terre. Ces quelques manifestation du monde végétal se raréfiaient et se rabougrissaient tandis que j'avançais. Vers le milieu de la journée, alors que le Soleil était à son zénith, la pente devint trop raide et j’ai démonté pour ne pas épuiser Foenn plus que nécessaire, continuant la montée en marchant à ses côtés. Comme je chevauchais sans aucun... équipement, je ne pouvais pas guider ma monture par la bride ; mais je n'en aurais pas eu l'utilité, il devinait mes  pensées. Ou plutôt, il les... savait. Il ne les devinait pas, mais les... connaissait.

   Plus le pic se rapprochait et plus le froid se faisait insistant. Le matin quatrième jour, j’ai décidé de troquer ma cape et mes gants de cuir pour les effets plus chauds qui m’avaient été donnés  au poste de contrôle. Le lendemain, tôt dans la matiné,  nous passâmes près d’un monticule de neige boueuse. Au cours de la journée, ces monticules se firent plus rapprochés,  plus conséquents ; et la neige plus blanche, plus dure. Nos souffles se matérialisaient en de petits nuages, aussi blancs que le sommet qu’il nous fallait atteindre, et qui semblait maintenant très proche. Nous l’atteignîmes le septième jour, alors que le soleil était déjà mort depuis plusieurs heures. Foenn renacla, appuyant son imposant museau sur mon épaule. La lumière seule de l’astre lunaire, blafard et des constellations, scintillantes, suffisait à contempler les pentes du Pic d’Ëlguir et les deux vallées qui reposaient d’un côté et de l’autre de la chaîne montagneuse, elle-même dominée par les roches du sommet où nous nous tenions, si insignifiants à l’échelle de ces rochers, monuments impassible de la colère de la Terre lorsque la Guerre faisait trembler le sol et que le fer des lances se tâchait de sang de soldats réclamant justice. De cette rage étaient nés les volcans, enfants violents de la Terre et du Feu, qui eux-mêmes créèrent les montagnes, les crêtes et les pics ; avant de s’endormir jusqu’à la prochaine Guerre.
   La première, et la seule jusqu’à ce jour, avait été provoquée par les Terreux au non de leur “liberté” et d’une “égalité”, deux chimères qui avaient échouées face aux armées et aux pouvoirs des Étoilés, qui possédaient l’approbation de la Mère et du Père. Mais la victoire avait tardé à venir, et des torrents de sang avaient abreuvés cette plaine, dont le sol en avait absorbé la couleur. La terre avait laissé couler le sang jusqu’au coeur même de la Terre, et sa colère avait divisée la Grande Plaine en deux terrains distincts : la Plaine Verte, abritant la grande cité de Lumirane où régnait la Mère ; et la Plaine Sèche, où se dressait la grande cité de Lumirine, trône du Père.

   Nous avons amorcé la descente à l’aube. La neige crissait sous nos pas et la végétation se faisait plus luxuriante au cours de la journée. Lorsque le soleil commençait à décliner, de nombreuses et récentes traces attirèrent mon attention. J’ai laissé Foenn sur le chemin pour me diriger vers les empreintes de griffes et de pattes de canidés. En m’accroupissant pour mieux analyser l’animal, les traces d’un humain pieds nus dans la neige apparurent distinctement parmi le tas de traces de loups. Jamais un humain seul ne s’attaquerait à une meute, compte-t-elle à peine une dizaine de membres comme celle-ci. Et aucun humain ne peut marcher pieds nus dans la neige, et encore moins courir comme celui-ci. De plus, en regardant mieux, le loup Alpha - reconnaissable à la taille des pattes plus importante et au poids, repérable à la profondeur de l’empreinte - semblait courir non seulement aux cotés de sa louve, mais aussi de l’humain. Mais la quantité de griffes et de pattes imprimées dans l’épaisse couche de neige brouillait la piste, et cette information pouvait n’être qu’un effet d’optique.
   Je me suis relevée pour rejoindre Foenn et manger un morceau de viande séchée, et nous avons continué à descendre. Alors que le crépuscule inondait les lieux de sa couleur de sang, il neigeait. Les flocons dévalaient le ciel orangé comme autant d’étoiles. Étoiles qui recouvraient les alentours de leurs éclats immaculés, blanchissant la neige boueuse de la route et les quelques résineux tordus poussant à cette altitude. Lorsque la nuit fut tombée, il semblait que les étoiles... pleuraient des flocons, répandant un voile blafard à l’image de leurs émotions.


Voilà, comme énoncé plus haut, ces chapitres sont beaucoup plus courts. Mais en même temps, ils ne sont pas dans le même temps ni espace, alors je pense que c'est mieux comme ça.
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Jeu 26 Sep 2013 - 23:11

Desolé, j'ai mis du temps pour me remettre a jour sur ta nouvelle, il a fallu que je m'en rapelle a un moment ou j'avais le temps =w=
Encore une fois, je suis presque jaloux de ton indeniable talent pour les descriptions, et la creation d'un univers dans lequel tu plonge sans le moindre probleme ton lecteur. C'est juste magique.
J'aime bien la mythologie que tu créé, simple, sans prise de tête, mais efficace. Je devrais m'en inspirer.
On en apprend un peu plus sur les personnages, leurs roles, les enjeux... mais pour moi c'est encore trop peu pour juger du scenario, dont j'attend beaucoup.
Wala wala... il se fait tard, excuse moi pour la critique un peu courte.
J'ai hate de voir la suite
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MessageSujet: Re: Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)   Ven 8 Nov 2013 - 21:16

C'est parti pour la suite ! Cool 


8



Le vent fouettait mes oreilles, hurlant quelques légendes oubliées sur la Plaine Sèche. La chaleur faisait ruisseler le cuir d’ébène de Foenn et ma peau tanné, malgré ma tenue adaptée au climat sec et aride de ce paysage. Je ne portais que mon pantalon de toile et mes protections de cuir, le reste rangé dans les deux sacoches reposant sur les flancs de ma monture. Des herbes jaunies et brûlées par la chaleur parsemaient la terre ocre, seuls végétaux poussant dans cet écosystème aride. Quelques rongeurs détalaient parfois lorsque le trot de Foenn résonnait près d’eux, trop habitués à ce que le bruit annonce l’approche d’un prédateur.
J’ai aperçu des traces de la même meute en fin de matinée, et toujours l’humain semblait courir aux côtés des Alphas. Leur passage datait de quelques jours, je ne risquais donc pas d’être retardée par des loups affamés et peut être accompagnés par un être humain. Les loups n’attaquent les humains qu’en situation extrême, mais la présence de cet homme ou de cette femme pouvait les y inciter si il ou elle avait une quelconque autorité sur ces carnivores
Deux jours plus tard, les empreintes des loups bifurquèrent vers l’Est tandis que je continuais vers le Sud.



9


Le troisième jours de chevauché dans la Plaine Sèche, alors que la vie du Soleil arrivait à son déclin, j’atteignis un campement nomade. La majorité de la population de la Plaine Sèche vivait dans des tentes, suivant le gibier et le troupeau. Chaque communauté nomade avait un patrimoine, un troupeau et un Conseil. Chacun se rendait utile en fonction de ses talents, et le partage était la règle d’or. Un Chasseur ramenait ses prises au centre du campement, et tout était partagé équitablement pour le dîner. Les Tisseuses cousait pour toute la communauté, les Bergers s’occupait du troupeau sans réclamer une part plus importante de laine, de lait ou de viande, l’Herboriste et son ou ses apprenti(s) soignait tout le monde et partageait ses épices avec joie, et c’était de même pour les Sculpteurs, les Fabricants, les Tailleurs…
La protection du camp était assurée par groupe de cinq et par tous les adultes sachant manier une arme, femmes comme hommes. La cérémonie de passage à l’âge adulte était différente selon la fonction que voulait exercer l’enfant, et il n’y avait aucune distinction entre les sexes : une femme pouvait choisir d’être Chasseur et un homme d’être Tisseur. Les vêtements variaient d’une fonction à une autre et les ornements et accessoires différaient pour chacun. La seule autorité était le Conseil où siégeaient deux représentants de chaque fonction choisis à tour de rôle : un jeune et un ancien. Les décisions étaient votés à la majorité, et les conflits gérés pacifiquement.


J’avais remis ma cape malgré la chaleur, et ils m’accueillirent selon les règles de l’hospitalité nomade : un Berger me guida jusqu’à l’enclos des chevaux où je laissai Foenn, les Tisseuses m’offrirent un thé amer et savoureux, puis une apprentie Herboriste m’aida à monter la tente des invités qu’elle parfuma avec un mélange d’herbes sèches. Une fois mes affaires déposées dans la tente, je me suis rendue dans la tente du Conseil où les Anciens, trop vieux pour exercer leur ancienne fonction, représentaient une certaine forme d’autorité lorsque le Conseil n’était pas réunis. Selon la coutume, j’avais déposé mes armes à l’entrée avant de pénétrer dans la tente où une légère fumée brouillait un peu les sens : les Anciens fumaient une longue pipe appelée Clamen, qu’ils me tendirent en signe de paix. Toujours selon les usages, j’ai tirée une longue bouffée, puis j’ai soufflé un nuage de fumée opaque avant de rendre le Clamen à l’Ancienne qui me l’avait tendue. Ses rides profonds et ses yeux aussi gris que sa chevelure lui donnait un air de sagesse semblable à celui des autres. Ce fut elle qui parla la première : « Voyageuse, toi qui connaît nos coutumes, ta Voie t’a menée à nous, les Nomades Ryali, et notre Voie nous a menés à toi. Cette rencontre est le résultat de nos choix à tous. Tu pourras rester le temps que tu décideras, à condition que tu participes à la Vie du Campement. Tu es jeune et en bonne santé, nous ne pouvons t’accueillir si tu ne partages rien avec nous. » Sa voix était rauque et chaleureuse, et son regard dévoilait de la bonté, mais aussi une implacable fermeté.
« Votre hospitalité vous honore. Je chasserais pour nourrir le camp. »
Les Anciens ont hoché la tête, m’accordant leur permission de rester le temps que je déciderai. Je me suis levée et ai joint mes mains en un triangle, selon le salut nomade, avant de reculer jusqu’à la sortie. J’ai récupéré mes armes et me suis dirigée vers l’extérieur du camp. Je devais ramener du gibier avant que le Soleil ne meure, amenant avec lui le début du Partage. La Plaine était déjà nimbée de sang, les animaux nocturnes devaient commencer à se mettre en quête de nourriture tandis que les diurnes commençaient à rejoindre leurs terriers. Je marchais silencieusement en faisant de grand pas pour m’éloigner du campement et ne pas effrayer le gibier en annonçant ma présence par des bruits de marche. Je m’accroupis bientôt pour observer un piste de lirve, un rongeur de taille respectable au goût assez fort et à la fourrure douce et chaude. Les traces étaient fraîches, et je ne tardai pas à le débusquer. Tapis derrière un buisson sec, je tendis mon arc. Un léger sifflement dressa les oreilles du Lirve une micro-seconde avant qu'une flèche ne l'atteigne en pleine tête.
Lorsque le son du Cor retentit, rappelant les Chasseurs au camp pour le Partage, j'avais abattu deux lirves et un craine, une sorte de cervidé aux courtes pattes et aux bois magnifiques. Une dizaine de braseros répartis dans tout le campement illuminait les tentes et leurs motifs colorés, tandis qu'un immense feu de joie réchauffait les nomades au centre. Ils étaient tous assis autour du feu, exceptés les Chasseurs qui devaient dépecer leurs prises avant de les ajouter au Partage. La viande était séparée de la peau et des os, et les morceaux immangeables seraient enterrés le lendemain pour nourrir la terre. L'odeur du sang se mêlait à celle des herbes et des quelques fruits trouvés par les Cueilleurs. L'espace dégagé où les bêtes étaient découpées ruisselait de sang. Deux Chasseurs finissaient de séparer les os de la viande quand j'entamai le dépeçage de mes prises à l'aide d'une de mes dagues. Comptant sur l'obscurité et la lumière chaude des feux pour masquer la couleur de mes cheveux et de mes yeux, j'avais retiré ma cape.
Lorsque j'eus finis, mes mains, mes avant-bras et mes pieds étaient aussi rouges que la terre. Un jeune Chasseur me tendit une grande feuille souple pour essuyer le sang, puis je rejoint les nomades autour du grand feu en prenant bien soin de remettre ma cape et de rabattre la capuche. Avec la mort du soleil, la chaleur avait été remplacée par une fraîcheur efficacement repoussée par la chaleur humaine et celle du feu. Le repas fut constitué d'un bol de ragoût, de quelques baies et d'un alcool fort et sucré à base de cassirs, de grosses baies noires et juteuses. La nourriture qui n'avait pas été mangée était stockée dans une tente ronde, dont l'accès était libre. La viande était couverte de sel ou séchée pour la garder plus longtemps, les légumes vinaigrés et les fruits macéraient jusqu'à donner de l'alcool qu'ils agrémentaient ensuite d'herbes parfumées.
Le Partage n'ayant lieu que le soir, les nomades se servaient dans la tente principalement le matin et au milieu de la journée, mais il n'était pas rare que ceux qui s'éloignent du campement emportent de quoi se sustenter ou qu'une femme enceinte se nourrisse hors des horaires habituelles. La liberté et le partage étant les deux principes fondamentaux des nomades, personne ne régulait les réserves et personne ne prenait plus que ce dont il n'avait besoin.


Le lendemain matin, je me rendis dans la tente du Conseil pour annoncer mon départ. J'attendis patiemment qu'ils règlent un conflit entre un père et sa fille avant de m'avancer dans le cercle. Un homme d'une trentaine d'années me tendit le Clamen, duquel je tirai une longue bouffée. J'ai rendu le Clamen à l'homme qui m'indiqua d'un signe de tête d'annoncer la raison de ma venue. « J'ai chassé pour le camp et le camp m'a nourri et m'a donné un endroit où dormir. Le Partage a été accompli, il me faut à présent partir. Ma route est encore longue et je ne peux me permettre de rester plus longtemps.
- Le Partage a été accompli, Voyageuse, toi qui connaît nos coutumes. Pars l'âme en paix et le corps reposé, et puisses-tu trouver ce que tu cherches.
- Que votre Voie soit toujours illuminée de bonheur.
- Et que la tienne sorte des ténèbres où elle se trouve. »
Je me suis levée et ai salué le Conseil avant de sortir à reculons. J'ai ramassé mes armes et récupéré mes affaires dans la tente que j'avais occupé, puis j'ai rejoint Foenn à l'enclos des chevaux. N'utilisant ni selle ni rennes, il avait été laissé libre. J'ai rangé ma cape dans une des sacoches qui reposaient sur ses flancs, puis j'ai empoigné sa crinière pour me hisser sur son dos. Le contact de ses muscles sous sa peau épaisse et soyeuse créait chaque fois... une osmose. Foenn est sorti de l'enclos et s'est élancé en direction du Sud.


Le peuple Nomade est ma représentation de la société libre et "parfaite" (si on peut dire ça) d'une organisation par petits regroupements. Depuis le début, je voulais faire intervenir des Nomades, et je suis contente d'avoir pu y arriver ! Wink
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Nuage (parce qu'un seul roman, pour une elfe amnésique, c'est pas assez)
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