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 Un roman d'une elfe amnésique

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Yin
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MessageSujet: Un roman d'une elfe amnésique   Mer 21 Nov 2012 - 15:32

J'aime beaucoup écrire. Cette histoire se nomme "Landécat". C'est le nom du pays où ça se déroule (je n'ai pas de meilleur idée... ^^')Ce n'est pas une fanfic, mais les personnages sont des chats qui "agissent" et vivent comme des humains dans un monde où il n'y a pas d'humains (ce n'est pas mobius). Enfin bref, j'aimerais avoir des avis dessus et savoir si il y a des choses qu'il faut changer. Bon, bref.


CHAPITRE 1 :

Il y a trois voleurs dans ce pays (bien que ce soit évident, je précise qu'il s'agit du pays de Landécat).
L'un roux, l'autre noir et le dernier est de couleur blanche. Le roux est le chef du trio. Une mèche de cheveux roux retombe sur son visage, cachant son œil gauche. Des yeux perçants, jaunes, un museau noir. De belles oreilles touffues et pointues et des moustaches lisses. Des pattes agiles, des griffes acérés et une queue magnifique. Une droiture et une noblesse qui n'égalent pas son habileté ni sa vélocité. Il se nomme Math', dit aussi « Le Roux ».
Le noir, un peu enveloppé mais néanmoins agile, des yeux verts et un nez rose. Des oreilles quelque peu arrondies dont une à moitié déchiquetée. Une queue touffue et des moustaches un peu tordues, sans oublier des griffes rapides mais néanmoins usée. Gourmand mais loyal, c'est un homme d'honneur rapide et sympathique. Il suivrait son chef partout, même dans la mort. Pat', dit « Le Noir ».
Le blanc, maigre et véloce, des yeux d'un bleu clair et profond et un museau noir. Cheveux en batailles, un coquard sur l'œil droit, des moustaches raides et une oreille constamment pliée. Une queue fine et longue qui lui sert parfois à attraper des petits objets. Ses griffes racornies lui servent surtout à grimper. Bavard et amusant, fidèle mais un peu menteur, il n'a pas son pareil pour berner la milice. Il s'appelle Bil', dit « Le Blanc ».
Ensemble, ils forment le trio de voleurs le plus recherché de tout le pays, et le plus redouté des aristocats. Ils n'ont pas leur égal pour monter des plans improbables qui leurs permettent de voler les plus beaux trésors de Landécat. Leur butin est systématiquement offert aux plus démunis et le peuple les aide du mieux qu'il peut (en les cachant, par exemple) et prie pour que la milice ne les attrapent jamais.

Moi, dans tout ce petit monde, je suis la fille du couple royal qui dirige Chatvalois, une des sept régions de Landécat, la princesse Mimosa de Chatvalois. Même si je suis une aristocate, j'admire ces voleurs et je rêve de les rencontrer. La vie de château n'est pas faite pour moi. Je m'ennuie en permanence. Ce que je sais sur ce trio de voleurs, tout le monde le sais pour peu qu'il lise le journal. Leur photo et tout les renseignements qu'on a pu rassembler sont obligatoirement en première page. De plus, leurs portraits sont placardés dans tout le pays. En-dessous de la photo, on peut lire la récompense offerte pour leur capture, morts ou vifs. Le sommet des dirigeants des régions de Landécat a décidé que se serait une des princesses du pays. Ils ont tiré au sort. C'est pour ça que l'on peut lire partout en dessous des portraits des bandits : La main de la princesse Mimosa de Chatvalois sera donné en récompense des trois voleurs, morts ou vifs. On ne m'a pas demandé mon avis, rien. J'épouserais donc celui qui mettra fin à la vie ou à la liberté de mes héros. Pour donner envie, on a aussi mis ma photo, à côté de l'annonce. Elle est plutôt réussi, cette photo, mais elle me répugne. J'ai un pelage d'un noir profond qui contraste avec mon poitrail d'un blanc éclatant. Des yeux dorés, des oreilles pointues et soyeuses et une longue queue. Des griffes coupantes, un nez noir, des pattes silencieuses et des moustaches assez lisses. Mes longs cheveux noirs un peu rebelles cachent mon œil droit, percé par une flèche lors d'une tentative d'assassinat.
Je m'entraîne régulièrement au tir à l'arc en cachette et je suis maintenant extrêmement précise et rapide avec cette arme, malgré mon œil droit inutile. Par ailleurs, je garde toujours un petit poignard et un passe-partout sur moi depuis l'incident. Le passe-partout me sert à ouvrir toutes les portes du château, sauf le cachot, mais c'est déjà plus qu'il n'en faut pour sortir m'entraîner clandestinement.
Le Charif de Chatvalois ne pense qu'à capturer les bandits pour m'épouser mais je le déteste. Il ne pense qu'à l'argent et à la gloire, il est gras et bête et il n'a de cesse de se vanter et de se mettre en valeur. Je souhaite de toute mon âme que jamais personne ne les arrête, et surtout pas Beligton, le Charif.

A suivre...



Voilà, voilà... Je ne vous noie pas avec un chapitre encore plus grand et je mettrais la suite sous peu. Very Happy
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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Dim 25 Nov 2012 - 15:40

Ouh là... J'ai relu ma sorte d'introduction au chapitre 1, j'y comprend rien.Je vais me taire, cette fois, ce sera mieux, hein... --'


CHAPITRE 2


C'est déjà l'heure de mon entraînement quotidien. Au pas de loup, je me glisse dans le corridor. Ma chambre est située au septième étage, dans l'aile Ouest. Je dois d'abord regagner l'aile Est puis descendre d'un étage, tout ça sans être vue. Heureusement, je suis discrète de nature et j'y arrive à chaque fois. Il faut dire aussi que le château n'est pas très bien gardé... Enfin, j'y suis, mais c'est là que cela se corse. Je sors une corde grise, de la même couleur que que les pierres utilisées pour construire le château et je la noue autour de ma taille. Ensuite, j'enjambe précautionneusement la fenêtre et j'entame la désescalade. Je descend de trois bon mètre avant de me trouver à la hauteur de l'anneau qui me sert à accrocher ma corde et je l'y attache solidement . Je peux maintenant descendre plus rapidement et avec plus de sécurité. Au fait, ma corde est enchantée et a une longueur infinie tant que je ne force pas trop vite et trop fort, comme dans le cas d'une chute, auquel cas elle m'arrêterait immédiatement.
Tout en prenant soin de contourner les fenêtres, je finis par arriver au premier étage. À partir de maintenant, je dois faire bien attention aux gardes pour ne pas me faire repérer. Je redouble donc de prudence et je finis par atteindre le sol. Là, je prononce le mot méfa qui me permet de rétrécir la corde à seulement un mètre de longueur. Une bonne chose de faite. Il me faut à présent gagner en vitesse la forêt, puis la clairière qui me sert de lieu d'entraînement. Je sprinte jusqu'aux bois pendant dix mètres et j'arrive au pied d'un immense chêne. Je grimpe jusqu'à la branche où j'ai accroché une seconde corde enchantée lors de ma première venue. Je rallonge la corde en prononçant afém, je la détache du tronc de l'arbre, je la saisie fermement et je saute dans le vide. Le vent me souffle sur le visage et l'ivresse de la vitesse combiné à l'adrénaline me font manquer de hurler de bonheur. J'aperçois rapidement la branche de réception et je sors mes griffes, prête pour l'arrivée. j'agrippe la branche juste au dessus et j'atterris sur une branche plus épaisse. Je rétrécie la corde puis je l'accroche solidement à la branche avant d'entamer la descente du hêtre en sautant agilement de branche en branche, comme un écureuil déjanté. Je ressens encore une fois cette sensation unique qui m'étreins quand je prend de la vitesse. J'aime beaucoup cette sensation qui me donne une impression de liberté infinie.
J'arrive sur la dernière branche assez épaisse pour supporter mon poids, je respire à fond et je saute. J'ai à peine le temps de savourer encore cette sensation de liberté que je me prépare à la réception au sol. J'amortis le choc avec une roulade et c'est fini ! Je suis dans ma clairière d'entraînement et ma cible est accrochée sur le grand saule juste en face. Je compte les entailles de flèches sur le centre de la cible. Il y en a tellement que c'est impossible de compter. C'est ma quatrième cible de fichue en six mois. Le son de ma première flèche résonne longtemps dans le léger silence des bois. Quelques oiseaux apeurés s'envolent en piaillant pour chercher un endroit plus tranquille et je respire à fond cette odeur de verdure humide, d'écorce et de terre retournée par les sangliers. J'aime vraiment cet endroit.
Mon entraînement dure depuis plus d'une heure déjà. J'ai tiré un peu moins d'une centaine de flèches et seulement une dizaine ne se sont pas plantées au centre de la cible. J'ai rarement fait mieux et je suis plutôt contente de moi, même si j'ai mal aux bras et que j'ai faim. Je range les flèches dans mon carquois et je m'assois dans l'herbe un petit moment pour ne pas risquer de lâcher prise en rentrant dans ma chambre. Ce serait trop bête ! Je n'ai absolument aucune envie de rentrer. Comme chaque fois. Et comme chaque fois je me dis que j'en ai plus qu'assez de toutes ces manières et de ces robes toutes moins pratiques et plus horribles les unes que les autres ! Je veux être libre. Même, et surtout, si je dois abandonner le château, mes « privilèges » en tant que princesse et ma garde-robe ! Depuis que je suis petite, je regarde ma fenêtre en soupirant, en songeant à la liberté qui est juste devant moi et en rêvant à la forêt, aux arbres majestueux, au plaisir de marcher avec ses pieds et non de se déplacer en carrosse, aux gazouillis des oiseaux, au vent qui souffle sur mon visage, aux étoiles et aux nuages, au soleil et à la lune... Tous ces plaisirs que je n'ai jamais put ne serais-ce qu'approcher. Mais je n'ai jamais eu le courage de m'enfuir pour trouver cette liberté qui m'appelle, cette vie dans la forêt en tant que fugitive et hors-la-loi. Car je serais traqué, je le sais. Ma vie ne serait pas de tout repos mais au moins elle serait aventureuse et pleine de rebondissements et de surprises... Je devrais redoubler d'ingéniosité pour tromper les gardes et la milice qui me chercherai. J'en frémis d'avance ! Je ne suis pas sans ressources, je suis assez forte de corps et d'esprit pour décider qu'elle sera ma vie. J'ai le choix. Soit je moisis dans se château et j'épouse un noble aussi idiot et riche que Beligton, soit je fugue et je vis ma vie au grand air, en compagnie d'une liberté que j'ai toujours recherché.


A suivre...


Deuxième page... Que dire ? Qu'il faut que je me taise, sans doute. "Si tu n'as rien de plus intéressant à dire que le silence, alors tais-toi." Je n'arrive pas à obéir à ce proverbe. Pas maintenant, en tout cas.
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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Mar 11 Déc 2012 - 17:42

Troisième partie ! J'ai fais une grosse pause... Bah, je fais comme je peux ! Wink

CHAPITRE 3 :


On a toujours le choix. Et le mien est déjà fait. Avant même que je m'en rende compte, j'avais fait mon choix. Et je ne le regretterai pas. Jamais. Il me faut agir au plus vite si je veux avoir une chance de m'évader. Je ne reviendrais pas. Jamais. À l'idée de quitter pour toujours la prison qui me sert de chambre, l'excitation m'envahit. J'ai presque hâte de retourner dans ma chambre pour préparer ma fugue.
Je prend hâtivement le chemin du retour. Arrivée devant le mur du palais, Je rallonge la corde en prononçant afém et je retourne sans encombre dans ma chambre. Où je m'enferme à clé. J'ouvre fébrilement mon armoire. Mes robes, toutes plus contraignantes et handicapantes les unes que les autres, y reposent. J'en revêt une et je laisse ma tenue d'entraînement sur le sol. Ensuite, je m'agenouille à terre et j'ouvre le double-fond de ma penderie. J'en sors un sac de toile gris Dans lequel j'enfourne la corde, une outre d'eau et une couverture verte. Puis je m'approche du mur Est de la pièce. J'appuie doucement sur une pierre qui coulisse grâce à un mécanisme secret. Dans l'espace clandestin, je prend mon épée. C'est une épée simple et légère, facile à manier. Le fourreau est en cuir et l'ensemble est assez modeste. Je laisse le tiroir secret ouvert et je met une chaîne en or avec un pendentif en pierre de lune en forme de l'astre dont le matériaux tire son nom auquel je tient dans une poche du sac qui reste fermée grâce à un solide bouton en bois. C'est ma mère qui me l'avait offerte quand elle était mourante. Elle y tenait beaucoup et j'ai été touchée qu'elle me l'offre. Je ne l'a met jamais car ma mère m'a bien dit que mon père ne devait jamais en entendre parler. J'étais un peu intriguée, mais je n'ai rien dit et je lui ai obéi.
J'ai failli oublier une dernière chose : les mitaines de cuir noir qui me servent notamment pour le tir à l'arc, l'escrime ou encore l'escalade. Je les fourre dans mon sac en vitesse avec ma tenue d'entraînement et je cache le sac dans le compartiment secret que je referme. Je pourrai le mettre sous mon lit mais la femme de ménage risquerais de le trouver et d'en parler à mon père et je veux absolument éviter ça.
Je sursaute lorsqu'un page toque à ma porte pour m'escorter jusqu'à mon père. Il est déjà l'heure de dîner. Je soupire et j'ouvre la porte. Ce n'est pas que je n'ai pas faim - après un séance de tir à l'arc, j'ai toujours faim, surtout que le trajet est un peu sportif - mais je n'ai pas du tout envie de voir mon père. Je détaille un instant le page. Afin que je ne me lise pas d'amitié avec un des serviteurs, mon père envoie toujours quelqu'un de différent. Le page me laisse seule à l'entrée de la salle et c'est donc seule que j'entre face à mon père. Nous mangeons chacun à un bout de la table, face à face. Comme d'habitude, il me demande ce que j'ai fait de la journée. Je lui répond que j'ai lu, essayé des nouvelles robes et que j'ai répondu au prince Thimao de la région de Mraoster, la deuxième plus importante région de Landécat. Bien entendu, je n'évoque pas ma séance d'entraînement.
« Mias c'est très bien, Mimosa ! Si ta mère, paix à son âme, était vivante, elle serait fière de toi. Tu lui ressembles d'ailleurs de plus en plus... » Ça voix grasse me ramène brusquement à la réalité. Je sais que c'est la vérité. À vrai dire, je ne ressemble pas à mon père. Et j'en suis heureuse. Je répond néanmoins : « Vous me flattez, père. Je n'arrive pas à la cheville de ma défunte mère, puisse-t-elle reposer en paix. » Je frémis. Mon père me regarde d'une drôle de façon, une lueur inquiétante dans le regard. Il lisse lentement ses moustaches. « Tu es trop modeste, ma fille. Tu es plus resplendissante chaque jour et tu rattraperas bientôt ma femme, que son âme pure demeure aux cieux. » Je crois deviner ce qui l'a mit d'humeur aussi joyeuse. Le prince Thimao est un ami d'enfance et mon père souhaiterais que je l'épouse. Seulement, notre relation est celle d'une amitié sincère, quoiqu'en pense mon père.

A SUIVRE...


...
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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Mar 11 Déc 2012 - 19:34

Je dois dire que je suis un très grand fan d’anthropomorphisme. Et j'aime beaucoup les histoires qui en mettent en scène. Et là, je dois dire que j'ai vraiment aimé.

Alors je le dis bien bien fort: J'adore ton "histoire"! Je suis impatient de voir la suite! Wink

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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Mer 12 Déc 2012 - 14:37

Very Happy Merci ! Vraiment Merci !!! cheers Ça me fait très plaisir ! sunny
Alors, c'est parti pour le

CHAPITRE 4 !!!


Le château de Mraoster n'est qu'à deux jours de marche d'ici vers le Sud, seulement une journée en carrosse. Je connais le chemin, j'y suis souvent allé à cheval avec ma mère lorsqu'elle était en vie et j'en garde un fort souvenir. J'aimerais bien revoir Thimao, mon père est tellement occupé qu'il ne m'y a emmené qu'une seule fois depuis la mort de ma mère, il y a de cela deux ans. Avant, je n'avais nul besoin de lui écrire, je le voyais au moins une fois par mois.
Mon père ne voit en moi qu'un instrument pour lui permettre d’asseoir son influence sur Mraoster et il ne juge pas utile de s'occuper de moi. Je ne le vois qu'au dîner et je fais tout pour écourter ce pénible moment. Mon père fait le minimum également pour son peuple et nombre des habitants sont partis en Mraoster car le père de Thimao, Messire Merne, est un roi exemplaire qui s'investit dans toutes ses affaires et trouve quand même le temps de s'occuper de son fils et de lui enseigner nombre de choses utiles pour gouverner ou même l'escrime. Thimao est un bretteur né, à la hauteur de son père. Sa mère, Laïmla, est aussi exemplaire, tant comme reine que comme mère et Messire Merne lui confit parfois les affaires du royaume lorsqu'il s'absente. Merne et Laïmla s'aiment sincèrement, contrairement à mon père et à ma défunte mère. Leur mariage avait été arrangé par leurs parents et le temps lui-même n'avait pas suffit à faire naître un semblant d'amour entre eux. Et ça, mon père ne l'a jamais accepté. Un jour, j'ai surpris une dispute entre eux deux. Mon père l'accusait, disait que c'était de sa faute s'il n'avait pas eu un fils héritier. Il disait aussi que c'était de sa faute à elle si elle n'avait pas encore eu un autre enfant. Je ne suis pas restée plus longtemps et j'ai mangé seule, ce soir-là. Je ne suis pas née d'amour. Je suis née d'une contrainte. Le Comte de Chatvalois ne m'aime pas. Je ne suis qu'une fille, je ne serais jamais une héritière. À ses yeux, je ne suis qu'un échec. Un échec dont il peut se débarrasser en faisant du profit. Je ne suis rien de plus, et j'en ai conscience depuis longtemps. Ce n'est pas facile, mais je ne peux pas laisser mon père transformer ma vie en calvaire. Je ferais ce que je veux de ma vie, personne ne décidera à ma place. C'est pour ça que je pars demain. Pour vivre ma vie.

J'ai enfin pu quitter mon père. Ce dîner fut interminable. Avant de gagner ma chambre, je suis passé par les cuisines où j'ai volé quelques provisions, (de la viande séchée, du jambon, un saucisson, quelques pommes et du fromage) que j'ai discrètement fourrées dans un sac fourre-tout qui sert habituellement à transporter les ordures. En passant, je profite que les cuisinières soient occupées avec les préparatifs du repas de fête de demain pour chiper rapidement une dizaine de petites galettes de pomme de terre de voyage et que j'affectionne particulièrement. Je regagne enfin ma chambre, mon butin caché sous ma robe. Après avoir glisser le sac de provisions dans mon sac, je sors ma tenue d'entraînement pour qu'elle soit prête à mon réveil. Je ne pourrai pas me permettre de perdre du temps si je veux sortir pendant le petit-déjeuner des gardes. Mes affaires fin prêtes, il ne me reste qu'à attendre en dormant que le levé du soleil me réveille. Je ferme mes rideaux. Les rouvre. La lumière du jour me réveillera à l'aube demain. Fatiguée, je me glisse dans les draps et m'endors comme une masse.

Une Forêt d'arbres morts dressant leurs ramures dénudées vers le Ciel étincelant de milliers de points scintillants. Des Étoiles s'éteignent. L’Obscurité augmente. Il n'y a plus d'Étoiles, seulement un noir qui absorbe toute Lumière. La Neige tombe sans nuages. Une couche épaisse recouvre le sol et s'amoncelle sur les arbres morts. Une Brume sinueuse qui vient des profondeurs de la Forêt s'infiltre lentement entre les troncs sans Vie. Elle s'élève, masquant la vue, s'épaississant. Elle est maître en ces lieux, glaçant le sang et gagnant du terrain dans la nuit sans Lune, sans Étoiles pour montrer la Lumière, sans Lumière pour guider vers la Voie. Partout la Brume, l'Obscurité. Aucun Espoir, que la Détresse. Elle s'étend, envahit la Forêt, annihile la Vie, élimine l'Espoir. Elle devient Prison, se fait solide, emprisonne, isole la Forêt, effaçant les Sentiers. Plus de Chemins, plus de Guides, seulement la Brume, seulement l'Obscurité.

J'ouvre vivement les yeux. En sueur, crispée par la terreur, je guette l'ennemi qui en veut à ma vie. Je soupire, soulagée. Il n'y a personne et je suis dans ma chambre. Un instant, j'ai crue être... ailleurs. Je ne sais plus où, mais j'ai autre chose à faire que ressasser mes chimères nocturnes. Avantage notable, je suis parfaitement réveillée. J'enfile ma tenue en vitesse, je sors mon sac de sa cachette, replace la pierre, passe la sac en bandoulière et en sors la corde que je place sur mon épaule. Je ne dispose pas d'une grande marge de temps. Je cours silencieusement à la fenêtre. Je désescalade le plus rapidement possible avec la lumière trompeuse de l'aube jusqu'à l'anneau, y passe la corde, l'allonge et amorce une descente rapide et efficace par petits bonds. J'évite prudemment les fenêtres et je finis par arriver au pied de la muraille.
Pas de gardes à 'horizon mais il faut faire vite. Je prononce trois fois « méfa », le nœud se détache et la corde tombe à mes pieds. Je la met dans mon sac et je m'élance vers la forêt. L'angoisse qui m'étreignait depuis mon réveil laisse place à de l'excitation lorsque je pénètre enfin sous la voûte des arbres. Plus de risques de me faire surprendre par la relève et je suis enfin dans mon élément...

A suivre...


Ah là là... Désolé si c'est un peu brut, la fin, mais je savais pas où couper...


Dernière édition par Yin le Sam 22 Déc 2012 - 20:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Sam 22 Déc 2012 - 19:57

Allez, j'y crois ! Je continue à mettre ce "roman" ici !! Go, go, go !!


CHAPITRE 5 !

Je grimpe dans le grand chêne, je prend la corde, je m'élance, je me réceptionne et je récupère la corde que j'ai gardé dans la patte pour ne pas laisser de piste et je la met dans mon sac. Je descend rapidement du hêtre et je cours vers le Nord le plus vite possible pour mettre de la distance entre moi et le palais. Le château de Mraoster est au Nord-Est mais je bifurquerait plus tard. J'espère que les gardes et la milice croiront que je me dirige vers Liolnem, la province située au Nord de Chatvalois.
Pour brouiller les pistes, j'évolue le plus possible en sautant de rocher en rocher ou en prenant appuis sur des branches basses. Tout en courant, je tend l'oreille pour intercepter d'éventuels bruits de poursuite, mais à part la vie de la forêt, rien ne se fait entendre et je me détend finalement. Les branches basses sont nombreuses et les rochers ne manquent pas, si bien que je ne laisse que quelques traces aléatoires de temps à autres. La sensation de vitesse et de liberté qui m’éprends me fait oublier mes inquiétudes et mes doutes et je me laisse aller à cet état d'esprit nouveau pour commencer ma nouvelle vie. La Princesse Mimosa de Chatvalois s'est transformée, elle est enfin sortie de sa chrysalide et est devenue papillon. Désormais, je ne marche plus, je vole vers mon avenir. Et je ne laisserais personne m'enchaîner à nouveau, surtout pas mon père.
« Liberté, me voilà ! »
L'allégresse me submerge, comme si cette exclamation était un déclic, une porte à franchir pour découvrir une nouvelle force qui me pousse avec énergie vers ma Voie.
Ma Voie ? J'ai déjà entendu ça quelque part, mais je n'arrive pas à m'en rappeler. Sans doute dans un livre. Ça n'a pas grande importance.
Je ne sens pas le temps passer mais il me semble qu'il y a beaucoup de lumière pour un début de matinée. Je lève la tête et je m'aperçois qu'il n'est en fait pas loin de midi. J'ai couru aussi longtemps sans m'en rendre compte. Dès que j'ouvre les yeux sur l'effort que j'ai fournit, la fatigue s'abat brusquement sur moi. Le sol tangue et mes jambes tremblent. Je tombe face contre terre, sans force. Je me rassoit en tremblant. Le sol fait comme une vague et le chaud et le froid me font trembler de plus belle. Il faut dire que je n'ai rien mangé depuis hier soir. Je fouille mon sac à la recherche de nourriture en maîtrisant mes tremblements tant bien que mal. Je sors une galette de pomme de terre, une pomme et un morceau de fromage. Je croque dans la pomme et je me relève pour manger en marchant. Mes jambes n'ont plus de forces et je me laisse tomber assise sur un rocher pour reprendre des forces. Je ne pourrai pas repartir en courant juste après m'être restaurée, j'ai dépassé la limite.
Mon repas terminé, je repars donc en marchant modérément vite. Le malaise est passé et je suis de nouveau d'attaque, mais je ne me risquerais pas à courir à toute allure tout de suite. Mais il me faut m'éloigner du palais et de ces gardes, même si on ne remarquera sans doute pas mon absence avant le souper. Je ne veux pas prendre plus de risques que nécessaires...

A SUIVRE...
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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Sam 27 Juil 2013 - 14:33

lu et apprécié Tout à fait d\'accor

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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Sam 31 Aoû 2013 - 18:01

Ça fait vraiment un bail que j'ai pas posté ici, et pour une raison très simple. Je n'ai pas continué cet essai depuis... longtemps. Pacman\'s return  Je m'explique : Quand je m'investis dans un texte, il y a toujours un moment où j'ai une idée qui ne peut pas être insérée dans le récit en cours. Je crée donc un autre texte, qui me passionne souvent beaucoup plus que le précédent. C'est ce qui s'est passé et j'ai donc crée "Nuage", puis d'autres textes. Pour le moment, je ne travaille que sur "Nuage" et un autre texte que je n'ai pas mis sur le forum.

Mais, au final, je me suis rendue compte que j'aimerais bien écrire la suite quand même. Je n'ai pas encore continué, mais j'avais déjà avancé avant, alors je poste ce que j'avais écrit il y a quelques temps. Wink


CHAPITRE 6

   Cela fait au moins trois heures que je marche sans faire de pause, je commence à avoir mal au pattes. Une petite halte serait la bienvenue. Je repère des myrtilles parmi la mousse humide qui borde le sentier. C'est l'endroit idéal pour souffler un peu. Je m'assois donc sur une pierre non loin des baies, tout en prenant garde à ne pas en écraser par mégarde. Je pose le sac à mes côtés et je cueille quelques petites baies noires. C'est la saison des myrtilles et elles sont succulentes et juteuses à souhait. Je savoure cet instant de calme et de plaisir, et je ferme les yeux pour mieux écouter les multiples sons dont regorge les bois. Quelques petite rongeurs, des oiseaux, au loin, un pic vert. Le vent dans les branchages et le remous de l'ombre des feuillages. Je savoure la caresse fraîche du souffle de la nature sur ma fourrure. J'ouvre doucement mes paupières pour contempler le toit végétal de la forêt et je me perd un instant dans la verdure avant de me lever et de prendre mon sac pour repartir. Je sors la gourde de mon fourre-tout et j'en bois une gorgée en marchant. Une goutte du liquide glisse dans mes poils soyeux et je profite de cette sensation de fraîcheur avant de ranger la gourde et de repartir d'un bon pas.

   Une heure plus tard, la végétation commence à changer doucement : au milieu des chênes et hêtres apparaissent quelques résineux. J'ai donc parcouru une bonne distance. Je devrais bientôt attaquer la partie plus ardue de mon itinéraire : la Chaîne d'Ollait, qui marque la séparation entre Chatvalois et la province de Liolnem, gouvernée par la reine Mirave. Dans cette région du Landécat, ce sont les reines qui, de mères en filles, ont le plein pouvoir et le roi n'assure qu'un rôle d'ambassadeur même s'il jouit néanmoins d'une certaine autorité propre aux membres de la famille royale. C'est une région paisible et neutre qui est aussi une terre d'asile pour bien des chats qui fuient leurs méfaits ou la tyrannie de leur roi. C'est pour cela que j'ai choisi de me diriger d'abord vers Liolnem ; cette direction paraîtra logique à mon père et aux gardes. Je vais sans doute passer la nuit dans une auberge quelconque et je partirais discrètement au matin en direction de Mraoster. Par contre, il est à parier que ma capture va être mise à prix... Il faudrait que je trouve quelque chose pour dissimuler mon visage, au moins partiellement. Je verrais ça dans le premier village que je traverserai. Mes yeux, surtout, sont très reconnaissables avec leur couleur doré. Je me rappelle que ma mère m'appelait son « Soleil », car mes yeux lui rappelaient l'astre du même nom. Parfois, elle m'appelait aussi son « Ciel étoilé ». Elle disait que mes yeux étaient les étoiles de la nuit de mon pelage... Alors je l'appelais ma « Lune », et je lui disais que c'était elle qui me donnait mon bonheur et ma lumière. Elle avait beaucoup rit et m'avait embrassé. J'avais ri avec elle.
   Je soupire et je commence à courir, autant pour cesser de ressasser des souvenirs douloureux que pour retrouver cette sensation grisante de liberté. Bientôt, les chênes et hêtres se font rares, jusqu'à totalement disparaître, envahis par les multiples conifères. Une délicieuse odeur de résine et d'aiguilles de pins se fait omniprésente. J'adore cette odeur prenante, même si les arbres à aiguilles ne sont pas évidents à escalader.
   Le chemin commence à monter doucement et je ralenti jusqu'à finalement me remettre à marcher. Je grignote rapidement un quignon de pain sans pour autant m'arrêter de marcher. La route de terre que j'emprunte traverse les montagnes d'Ollait en passant par le Col d'Irlaïss, le plus facile d'accès et le moins haut des multiples sommets qui définissent la frontière entre le royaume de mon père et celui de Liolnem. J'ai beau être sportive, je ne pensais pas que la marche à pieds soit si fatigante. J'ai beau retourner le problème dans ma tête, je vais devoir bivouaquer avant d'atteindre le col. Cela ne me plaît pas, mais l'option marcher-la-nuit-sans-s'arrêter n'est pas envisageable.

A suivre...

En espérant que j'aurais rapidement l'inspiration et la motivation nécessaire pour écrire la suite. Cool
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MessageSujet: Re: Un roman d'une elfe amnésique   Dim 13 Oct 2013 - 20:46

Ça fait longtemps que j'ai pas posté... En même temps, j'ai commencé un troisième texte qui m'absorbe beaucoup, alors je me consacre moins aux deux publiés sur Tails Dreamer. :/ Enfin bref, j'ai la suite !

CHAPITRE 7


   En fouillant ma sacoche à la recherche de ma gourde, mes doigts s’emmêlent dans ma chaîne, et le pendentif de lune scintille sous la soleil lorsque je l’expose à la lumière. Mon père ne risque pas de le voir, je peux donc le porter sans craindre sa réaction. Je l’accroche autour de mon cou puis fais glisser le pendentif sous mes vêtements pour éviter qu’il ne me gêne ou qu’il attire la convoitise d’un éventuel voyageur. Cela dit, la route est déserte. Je finis pas trouver ma gourde et je calme ma soif, particulièrement désagréable à cause de la poussière du chemin. L’odeur d’un lapin apeuré courant sous les arbres me distrait un instant. Mes réserves actuelles de nourritures me suffiront largement, et je me désintéresse rapidement de cette proie à l’odeur cependant alléchante.
   Lorsque je porte à nouveau mon regard sur la route, la présence d’un voyageur me surprend. Il descend du col et marche donc dans ma direction. Il marche vite, si bien que je peux maintenant distinguer son apparence. Il est drapé d’une cape couleur terre et vêtu d’un pantalon en toile d’une couleur identique bien que tâché de boue et d’une tunique vert feuille. Il semble avoir un pelage blanc, mais la saleté ne me permet pas d’en être sûre. Ses moustaches sont courtes et il en manque une du côté gauche de son visage. Ses yeux verts paraissent ternes, et cela ajouté à sa silhouette courbée et à sa queue balayant le sol lui donne une apparence de vieux chat fatigué. Il n’est pas tout jeune, mais il ne doit pas non plus être très vieux. Dans le cas contraire, il ne voyagerait pas seul ainsi. Nous échangeons un salut poli en arrivant à la hauteur l’un de l’autre. Alors que je pensais continuer sans plus perdre de temps, il engagea la conversation :
“Une jeune chatte comme vous ne devrais pas voyager seule. On dit que les bandits de grands chemins sont plus actifs en cette saison, et vous n’atteindrez pas la prochaine auberge avant plusieurs jours. Vous devriez rebrousser chemin et vous trouver une escorte avant d’aller plus loin.
- Je vous remercie de vos conseil, et vous me faites entendre la voix de la sagesse. Malheureusement, je suis quelque peu pressée et je ne peux me permettre de faire demi-tour. Mais rassurez-vous, je ne suis pas aussi vulnérable que j’en ai l’air. Et puis, si vous avez eu l’audace de faire ce voyage, c’est que ce n’est pas si dangereux, n’est-ce pas ?
- Vous m’exposez là une logique à laquelle je ne peux rien opposer. Puissiez-vous avoir raison et ne pas surestimer vos capacités. Bonne route !
- Vous de même.”
Nous nous adressons un signe de tête, et notre échange se termine. Il se dirige vers un endroit que je fuis, et je fuis vers le lieu qu’il a quitté. Deux heures plus tard, le crépuscule annonce la tombée de la nuit et je décide d’établir mon campement à l’écart de la route. Je choisis un grand pin aux branches plus épaisses qui me servira d’abri. C’est le dos contre le tronc, les jambes dans le vide et enroulée dans une couverture que je m’endors.

Une route sinueuse au milieu d’un paysage plat et vide, blanc et silencieux. La route semble vaciller tel un mirage dans le désert. Il sévit pourtant un froid glacial et pénétrant jusqu’à la moelle. Une silhouette se dessine à l’horizon, il s’approche. Ses pattes foulant le sol ne font aucun son. L’inconnu est caché par une grande cape noire informe qui dissimule son visage. Il est courbé et sa tête est inclinée vers le sol. Sa cape semble faite d’une fumée opaque, noire, poisseuse. Une odeur de cendre me brûle la gorge. Je voudrais m’enfuir, mais la route a englouti mes pieds. Je voudrais hurler, mais la cendre m’étouffe. Je voudrais tourner la tête, mais je suis hypnotisée. Soudain, il relève la tête. Une ombre profonde masque son visage, et seuls deux yeux m’apparaissent. Deux yeux rouges comme le sang et flamboyants tels les flammes d’un brasier obscur. Sous mes pattes, le sol vacille et tangue. L’être tend une main vers moi. Une patte avant faite de fumée et de cendre. Tout disparaît autour de moi. La route s’effondre puis s’efface. Je suis seule, flottant dans le néant. Depuis quand suis-je ainsi ? Depuis quand suis-je seule ? Je ne sais pas. Qui suis-je ? Je suis… Je… Je ne sais plus. Une voix rauque et caverneuse me glace.
“QUI ES-TU ?”
Un hurlement de pure terreur retentit. C’est le mien. C’est de ma gorge que sort ce son horrible et désespéré. Un son qui résonne longuement avant de disparaître dans le vide. Je suis seule. Je ne suis même plus. Mon corps vacille, puis s’efface peu à peu. Je ne suis rien. J’ai déjà disparut. Je sais qui je suis, à présent. Ou plutôt, je sais ce que je ne suis pas.
“Je ne suis rien.”

J’ouvre lentement les yeux. Pourquoi suis-je éblouie ? Qu’est-ce qui m’empêche de voir ? C’est de la lumière. Pendant un instant, j’ai oublié ce qu’était la lumière. Je regarde ma main. Est-elle a moi ? Je dois être perturbée pour me poser de telles questions. Sans doute un cauchemar. J’ai beau tenter de m’en souvenir, rien ne me vient à l’esprit. Je secoue la tête pour chasser le brouillard qui hante ma tête. Je range la couverture dans ma sacoche et boit une gorgée d’eau tiédie avant de sauter au bas de l’arbre. J’ai à peine le temps de me relever qu’un grognement me fige. Je tourne lentement ma tête vers la gauche. Un sanglier. C’est un sanglier, et un gros. Et qui ne semble pas très heureux de me voir sur son territoire. Je saisi mon arc et j’encoche lentement une flèche sans lâcher la bête du regard. Surtout, ne pas paniquer. Le sanglier gratte le sol. Si je veux agir, c’est maintenant. Je bande mon arc et relâche brusquement la corde tendue. La flèche se fiche dans son mufle au moment où il commence à charger. Une deuxième lui perce l’oeil droit. Alors que je saute sur une branche du pin qui m’a servit d’abri pour la nuit, je me rend compte que je suis tout aussi borgne que ce sanglier. Ironie du sort…  

A suivre...
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